la signature
électronique en Tunisie
La Tunisie a promulgué
une loi sur le commerce électronique : la loi n° 2000-83 du 9 Août 2000,
relative aux échanges et au commerce électronique, a défini le certificat électronique et la
signature électronique, favorisant un environnement propice au développement
des échanges et du commerce électronique, et a permis la création de l’Agence
Nationale de Certification Electronique (ANCE) autorité racine de certification
électronique en Tunisie, en vue de représenter le plus haut niveau de confiance
dans le domaine de la
certification électronique, de la sécurité des transactions et des échanges
électroniques.
L’Agence Nationale de Certification Electronique (ANCE) a pour principale
vocation de sécuriser les échanges électroniques dans divers domaines tels que le e-commerce, l’e-gouvernement,
l’e-Banking, l’e-finance, l’e-enseignement ainsi que l’e-santé … Son
rôle consiste à sécuriser les transactions de paiement et l’authentification
des différents acteurs. C’est
ainsi que toute personne désireuse d’effectuer une opération de paiement sur un
site sécurisé par un certificat de l’Agence Nationale de Certification
Electronique peut être sûre qu’elle s’adresse à un site fiable et que toutes
les données qu’elle communique sont sécurisées. Les principales autres missions
de l’ANCE consistent à :
- Etablir des accords de
reconnaissance mutuelle avec les Autorités de Certification étrangères.
- Gérer les certificats
électroniques (génération, révocation, publication et conservation de
certificats).
- Octroyer des autorisations
d’activité de fournisseur de services de certification électronique.
- Définir les caractéristiques
techniques des dispositifs de signature et de vérification de signature.
- Effectuer l’homologation des
systèmes de cryptage.
L’ANCE délivre
essentiellement deux types de certificats électroniques :
- Certificat de signature : qui
permet d’associer l’identité d’une personne à une clé publique. Il peut
être utilisé pour signer, crypter des messages électroniques et
s’authentifier lors d’une session sécurisée, comme par exemple lors de la
consultation de son compte bancaire, télé déclaration fiscale, CNSS,
CNRPS, CCP net, et déclaration douanière, etc….
- Certificat serveur : Il associe
l’identité d’un serveur web à une clé publique. Il permet la sécurisation des
échanges entre le serveur et ses clients lors de l’établissement d’une
session sécurisée par exemple pour l’achat ou le paiement en ligne sur un
site marchand.
FAQ sur la signature électronique
Qu’est-ce que une signature électronique?
Une signature manuscrite
consiste à apposer une marque personnelle sur un document papier. Elle exprime
la volonté du signataire et son accord par rapport au contenu du document.
Transposée dans le monde électronique, la signature électronique a la même
valeur légale que la signature manuscrite.
La signature électronique est formée de trois composantes :
·
Le document porteur de la signature.
·
La signature elle-même.
·
Le certificat électronique authentifiant
le signataire .
La signature
électronique est-elle visible sur le document signé ?
La signature
électronique se différencie de la signature écrite par le fait qu’elle n’est
pas visuelle mais correspond à un nombre ou une suite de nombres. En effet,
l’action de signer numériquement produit une information binaire appelée
communément signature électronique. Un document peut contenir plusieurs
signatures électroniques.
Quels types de
fichiers peuvent être signés électroniquement ?
Tous types de fichiers
sans exception peuvent être signés (documents Word, PDF, XML, etc.). Le format
de fichier le plus utilisé est le PDF, pour sa portabilité et aussi la
possibilité d’apposer plusieurs signatures électroniques. Mais également les
fichiers XML normés pour les échanges entre les entités publiques.
A quoi sert la
signature électronique ?
Tout comme les
signatures manuscrites, les signatures électroniques sont utilisées pour
identifier les co-signataires (auteurs) des données électroniques (un email par
exemple).
Les signatures électroniques permettent de garantir les propriétés de sécurité
suivantes:
·
Authentification : la vérification de
l'identité d'une personne (ou d'un hôte : serveur et client). Cela garantit
l'identité de la personne qui a signé les données : l'origine du message, du
document ou de la transaction est incontestable.
·
Confidentialité et Intégrité des données
: la signature électronique protège l'intégrité des données. Cela signifie que
le document reçu n'a pas été altéré, volontairement ou involontairement. Dans
le cas contraire, le document est signalé comme ayant été modifié.
·
Non-répudiation : le signataire d'un
document prouve son identité. La non-répudiation établit, plus tard, qui a
participé à une transaction. L'expéditeur ne peut nier avoir envoyé le message
et le destinataire ne peut nier l'avoir reçu. Simplement, la non-répudiation
signifie qu'une information ne peut être rejetée, tout comme avec les
signatures manuscrites.
Les signatures
électroniques sont créées et vérifiées grâce aux certificats électroniques.
Qu’est-ce qu’un
certificat électronique ?
Un certificat électronique
est un document sous forme électronique qui a pour but d’authentifier
l’identité de la personne signataire : c’est la carte d’identité du monde
électronique.
Que contient un
certificat électronique ?
Les informations
contenues dans le certificat électronique sont les suivantes :
·
Le nom du porteur du certificat.
·
La date de début de validité du
certificat.
·
L’organisation à laquelle appartient le
porteur (si nécessaire).
·
L’adresse où trouver les listes de
certificats révoqués (LCR).
·
Le nom de l’entreprise de confiance,
c’est-à-dire de l’autorité qui a émis ce certificat électronique.
·
La signature de cette autorité sur ce
certificat.
·
Eventuellement la photographie du
porteur ou du logo de l’entreprise.
·
etc…
Le certificat
électronique est divisé en deux parties :
·
La première partie contient les
informations.
·
La deuxième partie contient la signature
de l’autorité qui a délivré le certificat.
Qui délivre le
certificat électronique ?
Le certificat
électronique doit être délivré par une autorité de certification (AC) qui est
un organisme reconnu comme étant compétent pour délivrer des certificats à une
population auprès de laquelle elle a toute confiance et en assurer la validité.
Elle s'engage sur l'identité d'une personne au travers du certificat
électronique qu'elle lui remet.
Une autorité de certification est responsable (vis-à-vis de ses clients, mais
aussi de toute personne se fiant à un certificat électronique qu'elle a émis)
de l'ensemble du processus de certification et, par voie de conséquence, de la
validité des certificats qu'elle émet. Par ailleurs, c’est elle qui définit la
politique de certification et la fait appliquer.
Une autorité de certification s'organise autour de trois fonctions
fondamentales :
·
Fonction d'organisation : traitement des
demandes de certificats, contrôles des informations, validation ou rejet des
demandes, révocation des certificats.
·
Fonction technique : responsable de la
production des certificats électroniques, environnement sécurisé de bout en
bout.
·
Fonction de distribution des certificats
Comment signer un
document ?
Lorsque vous signez un
document, le logiciel de signature en crée une empreinte numérique, appelée
hachage : sorte de condensé numérique composé d’une suite de lettres et de
chiffres. Le hachage est unique (la plus petite modification du document
produira un hachage différent). Ce hachage est ensuite chiffré (codé) grâce à
la clé privée de votre certificat numérique. Le hachage chiffré et la clé
publique sont réunis pour composer la signature numérique, annexée au document.
Comment vérifier une
signature ?
Lorsque le document
signé est ouvert, le hachage est déchiffré grâce à la clé publique du
signataire. Puis le logiciel de vérification recalcule le hachage du document :
si celui-ci est identique au hachage déchiffré auparavant, le document n’a pas
été modifié. Le logiciel affiche alors un message certifiant son intégrité,
ainsi que le nom du signataire.
Donc le principe de la signature électronique repose sur deux familles
d’algorithmes, qui seront utilisés de manière complémentaire :
·
Des algorithmes de chiffrement dit asymétriques ou à clef publique.
Il est fortement
recommandé d’associer un horodatage à chaque signature électronique.
C'est quoi un
algorithme de chiffrement symètrique ?
Le principe d’un
algorithme asymétrique est simple. Un couple de clefs numériques est construit
de manière à ce que le cryptogramme (texte crypté) généré à partir d’un texte
clair et l’une des clefs ne puisse être aisément retrouvé qu’avec l’autre clef.
En pratique, l’une des clefs est conservée secrètement : clef privée, tandis
que l’autre est diffusée publiquement : clef publique. Seul le propriétaire
d’une clef privée (l’émetteur dans notre exemple) aura pu chiffrer un texte
déchiffré avec la clef publique associée.
C'est quoi une
fonction de hachage ?
Est une fonction à sens
unique et sans collision qui permet de calculer une empreinte (ou condensat) de
taille fixe à partir des données fournies de tailles variables. Ces fonctions
sont dites à sens unique car il est impossible de retrouver les données
initiales à partir de l’empreinte.
Une fonction est dite sans collision ou injective lorsqu’il est réputé très difficile
de trouver deux sources différentes conduisant à un même résultat.
Le calcul du condensat d’un document et la comparaison de celui-ci avec sa
valeur initiale permet de contrôler l’intégrité d’un document.
C’est quoi
l’horodatage électronique ?
Nombreuses sont les
procédures administratives qui mettent en jeu la date d’envoi des documents :
dépôt de candidatures, réponses à des appels d’offres, déclarations diverses,
etc. Les mécanismes traditionnels utilisent le cachet de la poste.
La dématérialisation de telles procédures passe par un équivalent électronique
à ce cachet de la poste. Le format PKCS#7 qui décrit les conteneurs de données
signées dans la messagerie électronique inclut un champ pour indiquer la date à
laquelle le message a été signé. C’est toutefois la date et l’heure du poste de
travail du signataire qui sont utilisés dans ce champ. L’émetteur peut donc
tricher en indiquant des dates fausses. De la même façon, un tiers mal
intentionné ayant récupéré une clé privée associée à un certificat périmé peut
ramener artificiellement la date de sa machine dans la période de validité du
certificat et émettre des documents signés.
La signature électronique d’un document est donc indissociable d’un mécanisme
qui garantit que le document existait à une date et une heure donnée et n’a pas
été altéré depuis. C’est l’horodatage. Il consiste à transmettre à une autorité
de confiance, appelée autorité d’horodatage, une requête comprenant le
condensat du document à horodater. L’autorité renvoie au demandeur un jeton
d’horodatage, le condensat, une date et une heure, le tout signé par l’autorité
d’horodatage.
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